«  Je ne suis pas capable ! »

«  Ce n’est pas pour moi, je n’ai pas le niveau »

« J’ai vu les chiffres dans Parcoursup, mon dossier ne sera jamais retenu »,

« Je ne vais pas demander cette formation, ce n’est pas pour moi, je n’ai pas le dossier… » etc… 

En cette actualité chargée de chiffres, de données, de choix à faire… il est parfois diffcile pour des adolescents, d’oser exprimer leurs souhaits les plus chers, leurs voeux les plus ambitieux, parce qu’ils sont parfois sûrs de ne pas en être capables.

Sur ces sujets d’orientation, comme sur d’autres sujets de leurs vies d’élèves ou d’étudiants, les jeunes vi vent souvent avec l’idée qu’ils «ne peuvent pas », pour la simple raison qu’une fois, plusieurs fois ,il y a bien longtemps peut-être, ils n’ont pas réussi à atteindre ce qu’ils voulaient dans un domaine.

Il peut arriver par exemple qu’une année se passe mal dans une matière, que la relation avec le professeur ne pas soit pas bonne … des expériences à la suite desquelles, l’élève peut se dire qu’il n’y arrive pas, que ce n’est pas pour lui, jusqu’à parfois tourner le dos à une matière.

Alors des idées s’impriment dans sa tête comme : ” Je suis nul en maths”, ” Tous les autres vont beaucoup plus vite que moi” , “je ne sais pas parler en public”…et c’est ainsi que finalement, l’élève finit par orienter ces comportements en lien avec cette croyance…puisqu’il est sûr que qu’elle est vraie !   “Pourquoi perdrais-je mon énergie à essayer, puisque de toutes façons le prof ne m’aime pas ?”

Ces idées, basées sur des croyances, des “étiquettes” qu’il s’est collées ou qu’on lui a collées, sont limitantes car elles empêchent d’agir, d’aller dans une zone qu’il croit alors  “interdite”, ou en tout cas, “qui n’est pas pour lui”.

D’une manière générale, ces croyances sont liées à une représentation que la personne se fait, sur « ce qu’elle croit de vrai » sur elle-même ou sur le monde (et qui pourtant ne l’est pas toujours).

Elles reposent sur des expériences passées, qui font penser que ce qui s’est passé se passera toujours de la même manière.

Et pourtant…heureusement, la réalité du passé n’est pas figée !

Pour illustrer cette idée,  ce conte de Jorge Bugay, « l’Eléphant enchaîné »,  montre combien nos croyances sur la réalité, nos « piquets invisibles » nous enchaînent et nous empêchent souvent d’oser :

L’éléphant du cirque est capable d’arracher un arbre. Pourtant il reste sagement attaché à un tout petit piquet. Il ne s’en détache pas, parce que dès sa naissance, il a été attaché à un pieu. Tout petit, il n’était alors pas capable de s’en échapper… et il n’a plus jamais réessayé depuis.

Lorsque nous sommes limités par nos croyances, nous sommes alors comme cet éléphant du cirque qui ne se détache pas de ce qu’il croit encore vrai aujourd’hui, à propos de  lui et de son environnement… mais qui pourtant ne l’est plus.


L’éléphant Enchaîné :

 « Quand j’étais petit, j’adorais le cirque, et ce que j’aimais par-dessus tout, au cirque, c’était les animaux. L’éléphant en particulier me fascinait ; comme je l’appris par la suite, c’était l’animal préféré de tous les enfants. Pendant son numéro, l’énorme bête exhibait un poids, une taille et une force extraordinaires… 

Mais tout de suite après et jusqu’à la représentation suivante, l’éléphant restait toujours attaché à un petit pieu fiché en terre, par une chaîne qui retenait une de ses pattes prisonnière.

Mais ce pieu n’était qu’un minuscule morceau de bois à peine enfoncé de quelques centimètres dans le sol. Et bien que la chaîne fût épaisse et résistante, il me semblait évident qu’un animal capable de déraciner un arbre devrait facilement pouvoir se libérer et s’en aller.

Le mystère restait entier à mes yeux.

Alors, qu’est ce qui le retient ? Pourquoi ne s’échappe-t-il pas ? A 5 ou 6 ans, j’avais encore une confiance absolue dans la science des adultes. J’interrogeai donc un maître, un père et un oncle sur le mystère du pachyderme. L’un d’eux m’expliqua que l’éléphant ne s’échappait pas parce qu’il était dressé. 

Je posais alors la question qui tombe sous le sens :

 “S’il est dressé, pourquoi l’enchaîne-t-on ? ” 

Je ne me rappelle pas qu’on m’ait fait une réponse cohérente. 

Le temps passant, j’oubliai le mystère de l’éléphant et de son pieu, ne m’en souvenant que lorsque je rencontrais d’autres personnes qui un jour, elles aussi, s’étaient posé la même question.

Il y a quelques années, j’eus la chance de tomber sur quelqu’un d’assez savant pour connaître la réponse : 

” L’éléphant du cirque ne se détache pas parce que, dès tout petit, il a été attaché à un pieu semblable. “

 Je fermai les yeux et j’imaginai l’éléphant nouveau-né sans défense, attaché à ce piquet. Je suis sûr qu’à ce moment l’éléphanteau a poussé, tiré et transpiré pour essayer de se libérer, mais que, le piquet étant trop solide pour lui, il n’y est pas arrivé malgré tous ses efforts. 

Je l’imaginai qui s’endormait épuisé et, le lendemain, essayait à nouveau, et le surlendemain… et les jours suivants… jusqu’à ce qu’un jour, un jour terrible pour son histoire, l’animal finisse par accepter son impuissance et se résigner à son sort.

Cet énorme et puissant pachyderme que nous voyons au cirque ne s’échappe pas, le pauvre, parce qu’il croit en être incapable.

Il garde le souvenir gravé de l’impuissance qui fut la sienne après sa naissance. Et le pire, c’est que jamais il n’a tenté d’éprouver à nouveau sa force.”


Quand nous sommes limités par nos croyances, tout comme l’éléphant l’a fait avec son pieu, nous avons «imprimé » dans notre mémoire une idée basée sur une ou plusieurs  expériences répétées :

“Je ne peux pas, je n’en suis pas capable et  jamais je n’en serai capable.”

Toi aussi, tu as peut-être grandi avec ce type de message pour un domaine, une matière, un sport ?

Tu te l’es peut-être imposé à toi-même sans t’en rendre compte et depuis tu n’as plus jamais essayé de tester pour te libérer de cette chaîne attachée au pieu.

Et pourtant… comme chaque personne, tu possèdes des talents, des capacités, qui sont illustrés dans tes actions réussies et qui te rendent unique.

Tu peux prendre appui sur tes forces, pour te faire confiance, pour te permettre de te sentir grand et puissant… et comme l’éléphant, dépasser la peur, l’insécurité qui peuvent te bloquer… et rompre les chaînes invisibles.

Comment se libérer de ses chaînes ?

Alors, si tu penses  que dans certains domaines tu ne te sens pas capable d’œuvrer, ou tu n’oses pas parce que tu penses ou tu es sûr que “ce n’est pas pour toi”, parce que souvent tu te dis que “tu ne fais jamais assez bien”,  je te propose de répondre aux questions suivantes :

Dans quel domaine penses-tu cela de toi ? …………………………….

Quelle est cette petite phrase que te dit ta voix intérieure et qui t’empêche ? (énonce-la comme une généralité, avec des mots comme ” jamais… “, “toujours ” , ” je suis….”, ” je ne suis pas capable de…” “dans la vie on….”, “dans la vie, toujours”, “avec moi toujours…”)………………………………

Sur quelles expériences te bases-tu pour dire, ou penser que c’est toujours comme cela ?……………………………

Est-ce toujours le cas ? Est-ce toujours comme cela dans la vie, toujours vrai aujourd’hui ?………………………….

Aujourd’hui, quelles sont les barrières qui existent concrètement et qui te font dire cela ?……………………………………..

Pourquoi penses-tu cela aujourd’hui ? Qu’est-ce que tu crois de vrai, sur toi ou sur ton environnement qui te fait dire que tu ne peux pas bien faire, ou tout simplement faire ? …………………………………………………………………………………………………………………..

Que pourrais-tu te dire d’autre, de différent ? (énonce ce que tu pourrais te dire/ penser de différent) ………………………………………….

Et si tu te dis ce que tu viens d’énoncer, il se passe quoi pour toi ? c’est comment ? comment te sens-tu ? quels sont les mots, les images qui te viennent quand tu te dis cela ?  ………………………………

→ A chaque fois que te sentiras bloqué, ou que tu auras l’impression de ne pas être capable, pense au conte de l’éléphant, et tente à nouveau… en y mettant toute ton énergie et tout ton cœur ! ♥

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